Chaque jour, la si particulière passion que j'entretiens, antant que tireur et collectionneur d'armes, me distingue et me sors du "lot". Même si on ne me le demande pas, même si on ne m'en en parle pas, j'y pense, et m'en rend compte quotidiennement... Est-il si improbable que quelques personnes sortent du moule et apprécie d'autres choses que ses semblables n'aprouvent pas, par manque de connaissance ou encore par de nombreuses craintes diverses et variées, souvent infondées? Je me suis toujours posé énormément de questions sur ce phénomène et me suis toujours étonné du peu qu'il suffit pour devenir un "marginal". Jusqu'à présent, ces pensées ne se sont sont associées qu'à mon attirance envers mes morceaux d'aciers (et parfois de plastiques), que j'apprécie tant, et surtout du sport qui en découle. Mais ces derniers temps j'ai appris à mes dépends qu'il n'y avait pas que ce domaine qui pouvait être concerné... Certains autres de mes choix l'étaient aussi, avec un compte-à-rebours et un ultimatum dont j'ignorais l'existance. Cette société, avec ses intervenants tous si bien "calibrés", fait de moi également un marginal tant sur le domaine professionel que sur ma vie privée, étant obligé de constater que travaillé beaucoup plus que la moyenne choque aussi énormément, même si cela se fait de mon seul et unique bon-vouloir, même si mon métier me passionne, même si ce dernier me comble, même si je pense l'exercer avec succès, on me reproche de trop le pratiquer... "parce que ça ne se fait pas d'en faire autant, car les autres ne le font pas"... Soit... C'est ainsi que je me suis dit que n'ayant jamais fléchit sur ma passion favorite je n'allais pas commencer à fléchir sur mes activités professionnelles. Bien évidemment, et selon la loi de l'emmerdement maximum, la suite du programme n'allait pas tarder à se manifester, n'ayant que faire de mon envie de tranquilité, et me mis pieds au mur sur ma situation privée : Je ne sors que très peu faire la fête, l'envie de le faire s'étant tassée naturellement avec le temps et le travail, je n'aime pas partir vacances (eh oui il y en a), je pourrais changer le tank qui me sers de véhicule, mais j'aime ce dernier et n'ai pas l'intention de le faire, et j'en passe... Et alors me direz-vous? Ce sont MES choix. Et comme chaque cause génère son effet, et l'art du compromis comme toutes choses possède aussi ses limites, d'autres choix tous plus difficiles les uns que les autres se sont dressés sur ma route, le principal étant : Rester moi-même ou m'adapter à la "masse" bien pensante qui dit que je dois être ainsi car c'est comme ça que tout le monde fais. Ayant ma fièreté et préférant défendre ma cause plutôt que celles que les autres défendent, j'ai choisi de rester moi-même. Les conséquences sont lourdes : Amis, famille, et dernièrement le couple. C'est là que je réalise que ces souffrances auraient pu être épargnées par la tolérance de chacun, ce qui me fait immédiatement penser à l'exemple qui se produit encore souvant, celui de l'amateur d'armes et de sa nouvelle conquête, qui exige de ce dernier qu'il se débarrasse du fruit de sa passion sous peine de rupture. Dans ce cas, la solution la moins douloureuse sera certainement pour le pauvre bougre de se séparer de ses biens armuriers, mais cette solution ne sera certainement pas celle qui lui permettra de rester maître de ses choix, de ses pensées, et de ses actes. Il n'aurait suffit que d'un peu de tolérance de la part de la masse calibrée, cette même masse qui répond à la lettre au critère de l'humanité.
Personnellement, j'ai dû me battre une nouvelle fois pour conserver mes libérté, pertes et sacrifices à la clé. Et moi qui n'ai jamais cessé de respecter au maximum celle des autres et l'opignon de chacuns...
Michael Habegger, le 19 août 2007